"Ce sera un série de peintures sur papier, intitulée Mathilde, qui portera cette évocation de l'enfance à son point le plus élévé, tout en permettant des chemins plastiques nouveaux. Cette série commence en 1991, lorsque Mathilde, la filleule du peintre, est hospitalisée pour une grave maladie. Pour la distraire, il lui adresse, jours après jours, des centaines de petits dessins, au format carte postale, dans un vocabulaire plastique qu'il souhaite le plus proche possible de celui d'un enfant. L'été suivant, cette série va se continuer sur des papeirs grand format, (...)Il y aurait pu avoir une naïveté pesante dans cette volonté de rejoindre le monde d'une enfant ; au contraire, la légéreté et la liberté de trait comme des couleurs donnent à ce travail une vicacité, une gaieté ironique dont il n'avait jamais osé faire l'usage avec une telle exubérance. Mais il ne faut pas oublier à travers quelle situation (la maladie, une longue hospitalisation, la crainte de graves rechutes) cette joie est conquise : ellle n'oublie pas ce qui rôde mais en a vaincu l'angoisse pour offrir à une enfant un monde délivré de ses maléfices, inscrit dans une intemporalité heureuse. Beaucoup plus que le bonheur de dessiner des "bonshommes", c'est cette manière de les situer hors du temps, comme des archétypes de la connivence entre le peintre et sa toute jeune filleule, qui étonne et les rend familiers aussi à des spectateurs étrangers à cette histoire personnelle"
Pierre Manuel - "Jean Capdeville, la peinture au fil des mots"







"Les adultes, les grandes personnes, se sont des gens dangereux et suspects. Une façade qui terrorise" Jean Capdeville